Cérémonie de clôture de l’atelier d’élaboration du Plan d’Accélération pour la Réduction des Décès Maternels au Gabon
Libreville a été le théâtre d’un moment fort de la politique sanitaire nationale avec la cérémonie de clôture de l’atelier d’élaboration du Plan d’Accélération pour la Réduction des Décès Maternels au Gabon. Organisée par le Ministère de la Santé, en partenariat avec le Système des Nations Unies et la Fondation Ma Bannière, cette rencontre de haut niveau s’est tenue en présence de la Première Dame, Zita Oligui Nguema, dont l’engagement en faveur de la santé maternelle a été salué avec insistance.
Pendant trois jours, un large éventail d’acteurs du système de santé et de la société civile — gynécologues-obstétriciens, anesthésistes-réanimateurs, cardiologues, sages-femmes, infirmiers, experts en santé publique — ont conjugué leurs expertises aux côtés des partenaires au développement. L’objectif : analyser en profondeur les causes et les dynamiques de la mortalité maternelle au Gabon.
Au terme de ces travaux, le constat dressé par le ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo Epse Bivigou, est sans équivoque : la situation exige un changement immédiat de paradigme. L’augmentation du taux de mortalité maternelle ne laisse plus de place à l’inaction ni au déni. L’ambition internationale du « zéro décès maternel évitable d’ici 2030 », portée notamment par le Fonds des Nations Unies pour la population et l’Organisation mondiale de la santé, doit désormais se concrétiser sur le territoire gabonais.
Dans son allocution, le ministre a exprimé une profonde gratitude à la Première Dame pour sa présence et son soutien constant. Elle a souligné que cet engagement au plus haut niveau de l’État constitue un levier déterminant pour atteindre les objectifs fixés.
Les participants ont également été chaleureusement remerciés pour la qualité de leurs contributions, qui ont permis de transformer cet atelier en un véritable cadre de projection stratégique, orienté vers l’action.
Les partenaires techniques et financiers ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement aux côtés du Gabon. À ce titre, le représentant de l’OMS, Xavier Cespin, ainsi que le directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Sennen Hounton, ont salué l’initiative et réitéré la disponibilité de leurs institutions à accompagner le Gabon dans la mise en œuvre du plan d’accélération, en vue de réduire significativement la mortalité maternelle dans le pays.
Fruit de cette large concertation, le Plan d’Accélération repose sur trois piliers majeurs, déclinés en treize actions concrètes et mesurables :
*Engagement politique renforcé*
Ce premier pilier vise à inscrire la lutte contre la mortalité maternelle au rang d’urgence nationale de santé publique. Il prévoit notamment :
* L’institutionnalisation de cette lutte comme priorité nationale ;
* Une forte appropriation politique avec une collaboration intersectorielle accrue ;
* La mobilisation communautaire ;
* La sécurisation d’un financement durable et la création d’un observatoire pour le suivi et l’évaluation.
*Protection et autonomisation des adolescentes et jeunes femmes*
Reconnaissant la vulnérabilité particulière de cette cible, ce pilier met l’accent sur :
* La lutte contre les pratiques sexuelles néfastes ;
* L’accès continu et gratuit aux services de santé reproductive ;
* L’accompagnement global des jeunes filles enceintes, incluant un suivi médical, psychosocial et éducatif.
*Renforcement des capacités du système de santé*
Ce dernier pilier ambitionne d’améliorer significativement la qualité des soins à travers :
* Le renforcement du plateau technique des structures sanitaires ;
* Le recrutement, le déploiement et la fidélisation du personnel ;
* La formation continue via le mentorat et la télémédecine ;
* L’amélioration des programmes de formation initiale.
Ces orientations stratégiques s’inscrivent dans la vision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, notamment à travers le Plan National de croissance et de développement 2026-2030. Ce cadre ambitionne de renforcer durablement la prise en charge sanitaire de la mère et de répondre aux objectifs de développement durable en matière de santé.
En remettant officiellement les axes stratégiques du plan à la Première Dame, le ministre de la Santé a réaffirmé une conviction forte : la réduction des décès maternels évitables est un impératif moral, social et politique.
Plus qu’un document stratégique, ce plan incarne une volonté collective de transformation. Il porte un message puissant, résumé dans cette déclaration :
« Donner la vie sans perdre la sienne est un droit ».
Avec l’implication active de Zita Oligui Nguema, ce droit pourrait devenir une réalité tangible pour les femmes gabonaises, ouvrant la voie à un avenir où la maternité ne sera plus synonyme de risque, mais d’espoir et de vie.